Le Corona call: Vincent Kompany et Karel Van Eetvelt depuis leur foyer

La grande famille du RSCA vit actuellement des moments difficiles. Alors que le monde entier souffre de la crise du virus corona, tous les fans des Mauve et Blanc doivent aussi boire le calice sportif jusqu’à la lie. Après la décision de mettre fin à la Pro League, la chance de forcer le Play-Off 1 s’est évaporée. Et le RSCA ne se produira donc pas sur la scène européenne, pour la deuxième année consécutive. Nos couleurs semblent aujourd’hui maudites. Notre club autrefois si fier fait négativement l'actualité quasi tous les jours. Les dettes financières sont très importantes, l'icône du club Pär Zetterberg a été licenciée, dans le groupe de joueurs tout le monde ne semble pas entièrement d'accord sur la concession financière proposée par Vincent Kompany et notre nouveau président Marc Coucke, qui a repris le club de la famille Vanden Stock il y a deux ans, a été très critiqué dans la presse la semaine dernière. "Ils se moquent carrément de lui !", a même titré un journal.

Il était donc grand temps de s'entretenir longuement avec notre nouveau PDG, Karel Van Eetvelt, qui a officiellement débuté le 1er avril. Nous lui avons demandé un double entretien avec Vincent Kompany, qui est plus que jamais le moteur du projet du RSCA. Karel et Vincent ont accepté notre invitation avec plaisir, même s'ils sont tous les deux restés par sécurité à leur domicile et les questions ont été posées lors d'un appel vidéo. Nous commençons notre conversation par leur toute première réunion. Elle s’est déroulée la veille du conseil d'administration qui a nommé Karel Van Eetvelt comme nouveau PDG.

Vincent Kompany : “Permettez-moi de dire que nous avions alors été réunis d'une manière inorthodoxe. Karel avait aussi demandé à Wouter d’être présent (NDLR : Wouter Vandenhaute est le conseiller externe de Karel Van Eetvelt et du club). Je me sentais comme dans un speed dating et je le leur ai directement dit. Je n'avais jamais rencontré Karel auparavant et je connaissais Wouter de ma période en tant que jeune joueur du RSCA, c'était donc il y a un bail. Ce soir-là, nous avons eu une conversation difficile, mais aussi riche en contenu et j'ai immédiatement réalisé que j'avais affaire à deux personnes au cœur anderlechtois, mais également à deux fortes personnalités. En commençant à travailler ensemble au cours des dernières semaines, Karel et moi avons appris à nous connaître et nous nous sommes rapprochés. Je remarque que nous envisageons tous deux le même avenir pour le RSCA et que nous allons de l'avant ensemble.”

KAREL, ÉVOQUONS TOUT D’ABORD L’ARRÊT DU CHAMPIONNAT. À LA PRO LEAGUE, IL SEMBLAIT QUE LE RSCA VOULAIT ENVERS ET CONTRE TOUT CONTINUER DE JOUER, AFIN DE QUAND MÊME DÉCROCHER UN TICKET EUROPÉEN. ON S’EST ALORS MOQUÉ DE MARC COUCKE, QUI NOUS REPRÉSENTE AU SEIN DE LA PRO LEAGUE.

Karel Van Eetvelt : “Je n'étais pas présent lors de cette réunion de la Pro League et, comme les journalistes, je tiens toutes mes informations de seconde main. De ce que j’ai compris, les émotions ont pris le dessus. Marc Coucke et Vincent Mannaert se sont apparemment criés dessus. Je ne doute pas que tout le monde était là avec les meilleures intentions du monde, et il n'est pas anormal que les débats s'intensifient quelque peu lors d’une telle réunion de crise. La vision d'Anderlecht était claire. Nous ne voulions pas d'une décision irréfléchie et nous avons dès le début insisté sur un débat objectif dans lequel toutes les conséquences d’un arrêt du championnat actuel seraient prises en compte. La réaction de l’UEFA était, par exemple, très prévisible. La Pro League aurait pu s’éviter beaucoup de tracas en faisant au préalable de profondes préparations.

Ça me dérange qu’on considère désormais que le RSCA voulait continuer à jouer à tout prix. Il aurait simplement été plus malin de prendre également en compte le contexte footballistique international. Nous sommes un petit pays du football. Il n'est pas facile pour le football belge de survivre au milieu des milliards des grandes ligues. Nous ne pensions juste pas que c'était une bonne idée d'être le premier à débrancher la prise.”

“Michael défendra la décision belge”

MAIS VOUS ÉTIEZ ASSEZ ESSEULÉS DANS CETTE OPINION ET LA JUPILER PRO LEAGUE EST CEPENDANT LE PREMIER CHAMPIONNAT QUI VA S’ARRÊTER. LE CLUB BRUGEOIS EST AUSSI SACRÉ CHAMPION.

Karel Van Eetvelt : “Chaque amateur de foot sait que le Club Brugeois est un champion légitime. J'ai immédiatement envoyé mes félicitations à Vincent Mannaert et il l'a apprécié. La décision de mettre un terme à la Jupiler Pro League a été prise et le RSC Anderlecht la respecte. Nous l’avons également soutenue au sein de la Pro League. Plus encore, notre ambition est de faire sortir le football belge le mieux possible de la crise du virus corona. Pour commencer, Michael Verschueren défendra, avec les meilleurs arguments possibles, la décision de la Jupiler Pro League auprès de ses collègues de l'ECA. L'UEFA n'a aucune base légale pour exclure les clubs belges des compétitions européennes. Chaque pays a sa propre dynamique pour faire face à ce type de situation de crise. Nous n'allons pas faire la leçon aux pays qui espèrent terminer la compétition, mais nous défendrons la décision belge. Pour ceux qui en doutent, Michael Verschueren sera un digne avocat du point de vue belge.”

Vincent Kompany : “Le Club Brugeois est naturellement le champion légitime et chapeau pour le travail réalisé par Philippe Clement, mais je redis à nos supporters et à nos joueurs que nous ne sommes en concurrence avec personne. Le RSC Anderlecht ne doit rivaliser qu’avec lui-même, nous devons de nouveau nous améliorer. Le RSC Anderlecht compte trente-quatre titres de champion et j'ai l'ambition de former à terme l'une des meilleures équipes que le club ait connues jusqu’à présent. Si nous gagnons ce duel avec nous-mêmes, nous retournerons automatiquement à la place qui est la nôtre.”

“Une D1A avec 18 équipes”

LE CLUB BRUGEOIS EST CHAMPION, MAIS CE N’EST PAS LA FIN DE L’HISTOIRE. LES TICKETS EUROPÉENS DOIVENT ÊTRE DISTRIBUÉS ET, PLUS IMPORTANT ENCORE, UNE DÉCISION DOIT ÊTRE PRISE POUR LA MONTÉE ET LA RELÉGATION.

Karel Van Eetvelt : “Un groupe de travail a été mis en place à cette fin. Il écoutera toutes les suggestions et élaborera des propositions. La position de RSCA est très claire à cet égard, nous préconisons une solidarité maximale dans tous les domaines. D'un point de vue sportif, nous estimons que la seule conclusion possible est de jouer en D1A avec 18 équipes la saison prochaine. Waasland-Beveren n'aura alors plus à déplorer de pas avoir pu tenter la petite chance qu’ils avaient d’encore se sauver lors de la 30ème journée. Oud-Heverlee Leuven et le Beerschot ne se sentiront pas non plus lésés. Ceci ne doit cependant s’appliquer qu'à la saison prochaine, la crise actuelle n'est pas le moment d’envisager un nouveau format de championnat.

Financièrement, le RSCA prône aussi la solidarité entre les clubs. Cette solidarité sera nécessaire, car l'impact de la crise sur notre football sera très important. Les places européennes peuvent être attribuées logiquement en fonction de la position dans le classement après 29 journées, mais les clubs qui joueront en Europe de cette manière doivent faire preuve de solidarité avec les autres clubs. Nous proposons qu'une part substantielle des revenus européens soit répartie entre tous les clubs au cours des trois prochaines saisons. Et nous sommes convaincus que le RSCA y contribuera aussi, car nous avons l'ambition absolue de rejouer en Europe chaque saison à partir de l'été 2021 !”

JE NE COMPRENDS TOUJOURS PAS POURQUOI NOTRE PRÉSIDENT A ÉTÉ AUTANT ATTAQUÉ CETTE SEMAINE.

Karel Van Eetvelt : “J’ai moi aussi constaté que Marc Coucke est actuellement très attaqué et qu’on confond constamment le message et le messager. Ça doit être dur pour lui. Son rachat du RSCA n'a pas été un succès jusqu'à présent, mais on dirait qu’il est responsable de tout ce qui ne fonctionne pas au club. En tant que président du RSCA, Marc ne pourra jamais bien faire à court terme, et il s'en rend compte. Lorsque j'ai été nommé, il a clairement déclaré qu'il souhaitait à l'avenir être un président cérémoniel, qui reste au second plan. En tant que PDG, il m'a accordé des pouvoirs très étendus. Marc veut aussi que je prenne sa place au conseil d'administration de la Pro League. Le nouveau conseil sera élu en juin et je serai alors candidat.”

“L’émotion surpasse tout”

KAREL, L’UNE DE TES PREMIÈRES DÉCISIONS A ÉTÉ DE LIMOGER PÄR ZETTERBERG. CECI A ÉTÉ MAL PRIS PAR NOS FANS.

Karel Van Eetvelt : “Je suis profondément choqué de la perception qui a été créée autour du licenciement de Pär Zetterberg. Pour moi, c'était une décision purement professionnelle, qui ne souffrait d’aucune discussion. À mes dépens, j'ai appris que l’émotion peut prendre le dessus dans le monde du football. Objectivement, il n'y avait pas d'avenir pour Pär Zetterberg dans le club. Il était difficilement tenable de continuer de payer royalement une personne juste parce qu’elle reste une icône du club.

La conversation avec lui n'a pas été facile. J'ai toujours admiré Pär et j’ai soudainement dû lui envoyer un message difficile. Pourtant, ce fut une conversation ouverte avec respect et compréhension mutuels. Mais quinze minutes plus tard, c'était déjà paru dans toute la presse et la tempête s’est déchaînée. Pour moi, l’apprentissage a été très difficile, mais trois semaines plus tard, je soutiens toujours la décision qui a été prise à ce sujet.”

“Un RSCA plus solide et plus fort”

IL EST AUSSI PARU SUR CE SITE QUE LE LICENCIEMENT DE ZETTERBERG ÉTAIT PRIS DANS LE CADRE DES MESURES CONCERNANT LA CRISE DU VIRUS CORONA ?

Karel Van Eetvelt : “C’était une très mauvaise communication de notre part, car la crise n'a évidemment rien à y voir. Lorsque la tempête s'est calmée, le respect personnel est heureusement resté mutuel. Pär sera toujours un enfant du RSCA.”

Vincent Kompany : “La crise du virus corona nous a placés dans une accélération inattendue, mais la première et la plus importante question de ces derniers mois fut : comment pouvons-nous rendre à nouveau le club sain et prospère ? Un club sain a plus de chances de réussir. Cet exercice dure depuis un certain temps déjà au RSC Anderlecht, mais l'arrivée de Karel et Peter (NDLR : Verbeke, le nouvel homme du sportif) l'a sérieusement renforcé, et c’était aussi bien nécessaire.

Pour moi, l’adieu à Pär fut un moment difficile. Quand j'ai fait mes débuts à 17 ans, Pär était mon capitaine et j’ai appris de lui. En tant que jeune adolescent, je faisais la queue afin d’obtenir son autographe.

Je suis convaincu que nous sommes maintenant dans une période de transition sur la voie d'un RSC Anderlecht plus moderne et plus fort, et il est alors essentiel que des décisions parfois très difficiles soient prises. Nous prenons ces décisions ensemble et tout le monde dans le club sait également que je défends totalement ces décisions en interne.”

KAREL, PÄR ZETTERBERG FUT ATTIRÉ PAR L’ANCIEN DIRECTEUR SPORTIF MICHAEL VERSCHUEREN ET DES SPÉCULATIONS ONT DIRECTEMENT VU LE JOUR SUR LE FAIT QUE MICHAEL SERAIT LE PROCHAIN SUR LA LISTE DES LICENCIEMENTS. EST-IL VRAI QUE TU NE VOYAIS PLUS POUR LUI, DANS UN PREMIER TEMPS, DE PLACE AU SEIN DE LA CELLULE SPORTIVE ?

Karel Van Eetvelt : “Les cartes sont claires. Peter Verbeke a été engagé afin de poursuivre la politique sportive en compagnie de Vincent Kompany. J’avais d’autres tâches à l’esprit pour Michael Verschueren, mais il désirait vraiment rester impliqué dans le sportif, et il m’a convaincu qu’il pouvait assister la nouvelle équipe grâce à son expérience sur le plan financier et son expérience dans les négociations. Il fait donc toujours partie de l'équipe sportive.”

CE NE DOIT PAS ÊTRE FACILE POUR MICHAEL. EN TANT QUE ‘FILS DE’, IL ÉTAIT LE NOUVEL HOMME DU SPORTIF ET AUSSI LA FIGURE DE PROUE DU RSCA.

Karel Van Eetvelt : “L'avenir nous le dira. Des accords clairs ont maintenant été conclus avec Michael et je constate qu'il essaie de remplir correctement ses nouvelles fonctions. Évidemment, il n'est pas facile mentalement de passer d'un rôle en pleine lumière à un rôle dans l'ombre, mais je vois qu’il prend son nouveau rôle très à cœur. J'espère vraiment pour Michael qu'il retrouvera ses marques et que cet acharnement autour de sa personne s'arrêtera désormais. C'est également dans l'intérêt du RSC Anderlecht.”

VINCENT, COMMENT SE DÉROULE LA COLLABORATION AVEC PETER VERBEKE ?

Vincent Kompany : “Très bien. Avant de commencer à coopérer, nous avons eu une longue discussion sur la vision du RSC Anderlecht. Peter a parfaitement compris où je voulais aller et j'ai constaté qu'il pouvait nous renforcer. Peter a acquis beaucoup d'expérience à Bruges et à Gand. Nous ne voulons pas copier ces clubs, mais pouvons en profiter. Peter est un professionnel et son énergie lui donne un boost. Il ne lâche rien et se jette sur chaque dossier avec une grande intensité.

Pour moi, Peter est l’exemple d'un employé moderne du RSC Anderlecht. Le nouvel RSCA doit rayonner de classe et de raffinement vers l'extérieur, mais, à l'intérieur, nous voulons voir des personnes impliquées jour et nuit dans le projet et qui désirent être les meilleures dans leur domaine respectif. Je déteste le statu quo. Je veux m'améliorer chaque jour et c'est pourquoi je veux m’entourer de meilleures personnes. Il n'y a rien qui donne plus d'énergie que la pression interne. Elle doit venir de nous-mêmes. Au RSCA, le fait de s’appuyer sur la pression extérieure est beaucoup trop culturel. C’était déjà le cas lorsque j'ai fait mes débuts en équipe première en tant qu’adolescent et ça n'a fait qu'augmenter par la suite.

Avec Manchester City, nous sommes passés de zéro au top mondial, et toutes ces années, la pression n'est jamais venue que de l'intérieur. C’est la pression interne qui a déterminé l’agenda, jamais la pression externe. Vous vous fixez des standards élevés et lorsque vous parvenez à les atteindre, vous vous en définissez d’encore plus élevés. Vous vous efforcez toujours en interne d’insuffler de l'énergie positive et vous essayez également de bannir toute espèce d’énergie négative."

“Les agents ne décident plus au RSCA”

ON PARLE AUSSI BEAUCOUP DU RÔLE DE CONSEILLER EXTERNE DE WOUTER VANDENHAUTE, QUI EST AUSSI LE CO-PROPRIÉTAIRE DE L’AGENCE DE JOUEURS LET’S PLAY. CE FUT L’UN DES THÈMES LORS DE L’ATTRIBUTION DE LA LICENCE.

Vincent Kompany : “J'en ai parlé très ouvertement avec Wouter, et nous sommes tous les deux clairs à ce sujet : il ne s'agit que de l’intérêt du RSCA. Au cours des dernières semaines, toutes les conversations ont porté sur notre organisation et comment nous pouvons l'améliorer. Je trouve sa contribution importante à cet égard. Je ne vois pas Wouter comme un agent, mais comme un supporter du RSCA qui a une énorme expérience dans l’amélioration d’une organisation et de permettre à des projets de réussir. Il met cette expérience à disposition. La partie agent est totalement hors de question, nous avons une équipe de personnes qui ne l’autorisent pas. Sur le plan opérationnel, Wouter ne peut prendre aucune décision et ne le veut pas.

Il y a d’ailleurs une grande différence avec le passé au RSC Anderlecht. Un agent de joueurs ne peut vraiment plus rien décider ici, et ça, c'est une bonne chose.”

Karel Van Eetvelt : “Wouter n'a même pas de contrat avec notre club. Il existe un accord de coopération avec la société du président et nous l'avons aussi transmis au comité des licences. Bien sûr, je ne suis pas du monde du football, mais je continue de trouver cette discussion assez curieuse. La collaboration avec Wouter Vandenhaute n’a jamais été basée sur des activités d’agent ou de l'attractivité de joueurs. Let's Play en est déjà capable aujourd'hui, il n'est pas nécessaire que Wouter devienne conseiller de notre club afin de l’y aider.

Dans mon rôle, j'ai besoin d'un conseiller qui connaisse bien le monde du foot et qui soit également à l'aise dans le secteur du divertissement et des médias. Si vous faites cet exercice, il n'est pas illogique que vous pensiez à Wouter Vandenhaute, qui est aussi un grand supporter notoire du RSCA. Nous avons annoncé notre coopération de manière ouverte et transparente. Je suis étonné de l'agitation, car tout le monde sait que dans le monde du foot, il existe des liens étroits entre les clubs et les agents, et plus encore entre la gestion des clubs et des agents. Seulement, tout se passe en coulisses.

Il est étrange que des personnes qui occupent des postes cruciaux dans le monde du football poursuivent ceux qui sont ouverts et transparents, laissant le champ libre aux autres. C'est hypocrite et ça affecte la crédibilité de notre sport.”

“Les problèmes financiers offrent des opportunités”

FINANCIÈREMENT, LE DOSSIER DU RSCA ÉTAIT AUSSI SENSIBLE DEVANT LA COMMISSION DES LICENCES. LA SITUATION FINANCIÈRE DU CLUB EST PENIBLE.

Karel Van Eetvelt : “Une énorme dette s'est accumulée dans le club et elle doit être réglée à court et à moyen terme. La crise actuelle met encore plus le doigt sur les faits et l'impact sur le marché intérieur devrait se poursuivre pendant longtemps encore. Et c'est précisément à partir de ce marché intérieur que nous devons vivre. C'est très difficile, le RSCA a sérieusement vécu au-dessus de ses moyens ces dernières années et aucune entreprise ne peut continuer comme ça.

Les problèmes de RSC Anderlecht se situent principalement dans le domaine sportif. Il n'est désormais plus possible de compter le nombre de personnes que nous avons recrutées ces dernières années pour ensuite les laisser partir. Et nous avons toujours un staff et un noyau de joueurs bien trop larges. Nous devons inverser complètement cette approche.

Ce sera un grand défi de poursuivre, pour le département sportif, une politique financière réaliste, tout en alignant une équipe solide. Cela devra se faire de manière créative, et non plus à l'ancienne où on a toujours travaillé avec la perception que tout était possible. La solution réside au sein même du club, il y a beaucoup de talent et il faut à nouveau oser nous appuyer sur nos propres forces. Le RSCA a toujours un grand potentiel commercial, supérieur à tout autre club belge. Afin d'en faire un meilleur usage, nous devons cependant retrouver notre classe et notre fierté, qui ont un peu disparu.”

Vincent Kompany : “Je prends les problèmes financiers comme une opportunité. Ils nous obligeront à poser des choix radicaux. Je suis à Anderlecht depuis l'âge de six ans, j'ai connu de belles et moins bonnes années, mais la moyenne était depuis trop longtemps devenue la norme au RSCA. Ce n'était qu'une question de temps avant d'en arriver à cette position. Je remarque que les nouvelles personnes sont prêtes à reconstruire le club avec des moyens modestes. Peter et moi, avec notre équipe, ferons tout notre possible pour avoir une bonne équipe sur le terrain pour la saison prochaine. Nous continuerons à développer un football offensif, avec la contribution de nos propres jeunes joueurs.

N'oubliez pas que nous avons parcouru un très long chemin. Quand on voit à quel point il a été difficile pour nous de prendre des points avec notre jeune équipe au début de la saison, et à quel point nous avons été solides au cours des dernières semaines, ceci ne doit pas être négligé. Nous ne le saurons évidemment jamais, mais je suis convaincu que nous étions sur la bonne voie en vue d’une qualification européenne.

Nous voulons nous assurer le plus rapidement possible de devenir un club moderne dans les coulisses, qui pourra à nouveau jouer le top à long terme. Ce sera notre principal défi. Heureusement, nous pouvons compter sur nos supporters. Je n'ai pas de mots pour dire à quel point ils sont loyaux. Waasland en déplacement, Eupen à la maison, à Genk quand nous y avons perdu, les fans étaient toujours occupés à chanter une demi-heure après le match. C'est maintenant nous contre le reste du monde, les joueurs, le staff, les fans. Croyez-moi, le RSCA va gagner cette bataille !”