Le Sporting vient probablement de disputer son dernier match européen déplacement de la saison. En effet, la sévère défaite encourue par les hommes d’Hugo Broos à Athènes (3-0) ne laisse que très peu d’espoir à ceux-ci de disputer les quarts de finale de la Coupe de l’UEFA.
Les Anderlechtois n’avaient que trop rarement gâté ses supporters, cette saison. Mais ils étaient peu nombreux à s’imaginer que le Sporting pût livrer une prestation d’une telle indigence, tant le Panathinaikos surclassa son adversaire du jour sur tous les plans. Physique, technique, mais aussi, et surtout, tactique: Sergio Markarian avait imaginé un dispositif que les Bruxellois ne sont jamais parvenus à déjouer. En effet, l’entraîneur paraguayen du Pana avait bien anticipé l’option tactique de son homologue anderlechtois, et avait demandé à deux joueurs de se glisser constamment entre la division offensive et le milieu de terrain du Sporting. Du coup, Ki-Hyeon Seol et Nenad Jestrovic, les deux avants anderlechtois, se trouvaient constamment assis entre deux chaises, et hésitaient régulièrement à aller chasser le ballon jusqu’au cœur de la défense athénienne.
Un coup dans le mille de la part de Markarian: peu gênés à la construction, ses défenseurs avaient tout le loisir de remonter le cuir, et de construire calmement le jeu. Et en venant prêter main forte à tour de rôle à leurs milieux de terrain, les défenseurs grecs permirent à leurs couleurs de remporter la bataille de l’entrejeu, ce qui se révèle si souvent décisif dans des matches opposant deux équipes à la valeur sensiblement égale sur le papier.
Le Sporting, s’il doit continuer malgré tout à croire en ses chances, doit impérativement faire abstraction de cette joute européenne et se reconcentrer sur le championnat de Belgique. Car s’il veut avoir l’occasion de prouver, la saison prochaine, à l’Europe entière que la gifle athénienne n’était qu’un accident, il devra livrer une fin de parcours exemplaire sur les verts gazons de la compétition domestique.