Histoire 1908 - 2013


Le 27 mai 1908 qu'à l'instigation de Charles Roos, une douzaine de férus du ballon rond, réunis au café "Concordia", rue d'Aumale, décidèrent de fonder un club "investi de la mission de développer au sein de la commune d'Anderlecht, les sports athlétiques en général et le football en particulier." Ainsi donc naquit le Sporting Club Anderlechtois, qui allait être élevé au rang de "Société Royale", le 20 juin 1933, pour son quart de siècle d'existence, comme le voulait la sacro-sainte tradition à cette époque.

Si son appellation d'origine est restée inchangée à travers le temps, la situation géographique de son aire de jeu principale a, quant à elle, connu l'un ou l'autre soubresauts. Le tout premier terrain du SCA jouxtait, en effet, un étroit sentier menant à Scheut, passé la "rue du serment" actuelle. Comme il n'était alors connu que des seuls initiés, les cartes de membres faisaient prudemment état, en ces temps reculés, de son emplacement "à gauche du cimetière".

C'est là, sur une surface qui ne ressemblait que peu ou prou à un tapis vert, que ses représentants étrillèrent, à l'occasion de leurs grands débuts, l'équipe représentative de l'Institut Saint-Georges, renvoyées à ses chères études, au demeurant, sur le score sans appel de 11-8. Les kermesses aux buts devaient se suivre à un tel point et toujours en faveur des joueurs locaux que le secrétaire des débuts, Michel Hames, opta d'engager officiellement les "mauve et blanc dans les compétitions régies par l'Union Belge des Sociétés de Sports Athlétiques, autrement dit l'UBSSA, précurseur de l'URBSFA actuelle.

Du Scheut au Parc du Meir


Pour son entrée en matière, le Sporting Club Anderlechtois, incorporé au troisième échelon régional, termina d'emblée dans la foulée des doublures de l'Union Saint-Gilloise ainsi que d'Uccle Sport, ce qui lui valut de progresser d'un cran dans la hiérarchie au terme de cet exercice. Les attaquants Gaston Versé et Jef Bruggeman avaient été les grands artisans de cette montée, en prenant à leur compte plus de la moitié des 104 goals inscrits par leurs couleurs: 34 pour l'un et 22 pour l'autre.

En 1912-1913, sous l'impulsion d'un homme qui, après coup, allait bien mériter du matricule 35, Théo Verbeeck pour ne pas le nommer, les Sportingmen forcèrent pour la première fois les portes des séries nationales. Ils jouissaient déjà d'une telle popularité, in illo tempore, qu'ils furent bientôt à l'étroit dans leurs installations. Tour à tout, ils s'établirent alors à la "rue Verheyden" (devenue aujourd'hui "rue Démosthène") avant de transposer leurs lares, de manière définitive, le 1er avril 1917 au "Parc du Meir", rebaptisé ensuite "Parc Astrid". Il en coûta 7000 mille francs pour ériger cette nouvelle enceinte mais, au plan financier, le SCA avait déjà le vent en poupe, malgré les affres du premier conflit mondial. La preuve: l'année précédente, sa comptabilité avait révélé un solde créditeur de 709,47 francs. Un joli pactocle quand on saura que les cotisations s'élevaient à 3 francs par trimestre et que le droit d'entrée aux matches était fixé à 10 ou à 12,5 centimes selon l'emplacement désiré. Le stade -même fut baptisé au nom d'Emile Versé, en hommage à un généreux mécène qui s'était voué corps et âme à la prospérité de la nouvelle entité.

Une autre date inscrite en lettres grasses dans la trajectoire sportive des "mauve et blanc" aura été, à coup sûr, celle du 16 avril 1921. Ce jour-là, en effet, le Sporting Club Anderlechtois accéda enfin au faîte de la hiérarchie après un test-match contre le FC Liégeois. Pour le plus grand bonheur de ses deux mille partisans, qui n'avaient pas hésité à faire le lointain déplacement à Tilleur pour la circonstance.

Malgré la désignation d'un entraîneur, Cyrille Bunyan (une première dans l'histoire du club), les nouveaux pensionnaires de l'élite éprouvèrent pas mal de difficultés à assurer leur pérennité à cet échelon. En l'espace d'une décennie, ils ne firent pas moins de quatre fois la culbute, en 1923, 26, 28 et 31. Daringmen et Unionistes, qui tenaient indéniablement le haut du pavé durant cette période, avaient même affublé le SCA du sobriquet, peu flatteur, de "club-ascenseur". Pourtant, dans l'intervalle, des talents s'étaient affirmés tant et plus. Tels le gardien Jean Caudron, le médian Charles Demunter et l'attaquant Fernand "Cassis" Adams, qui allaient tous trois truster les sélections chez les Diables Rouges.

Pour de bon parmi l'élite

Mais davantage encore que l'année 1921, la saison 34-35 fut historique à plus d'un titre. Outre la constitution du club en société coopérative, la première tribune flambant neuve fut érigée, ancêtre de celle qui comprend les loges aujourd'hui. Sur le terrain, les succès ne se démentirent pas non plus, puisque les Sportingmen, sous la conduite avisée du coach Charles Gillis, remportèrent le championnat de D1 (l'antichambre de l'élite actuelle) pour réintégrer, pour de bon cette fois, la division d'honneur. Une performance dont seul le Standard peut s'enorgueillir, lui aussi. Pour la petite histoire, on signalera que le tout premier match du SCA lors de son retour définitif au plus haut niveau, eut lieu au Beerschot le 8 septembre 1935. Et que l'un des joueurs alignés par les "mauve et blanc" au Kiel, cette fois-là, avait pour nom Constant Vanden Stock.


Les années quarante auront été marquées d'une empreinte indélébile aussi. Les responsables sportifs du club défrayèrent d'abord les chroniques footballistique et financière en transférant, pour la coquette somme de 125 000 francs, le bombardier anversois Jef Mermans, actif au Tubantia Borgerhout. Avec lui, les Sportingmen obtinrent un premier écusson national, en 1947, suivi par eux triplés: 1948-51 et 1953-56. Si le mentor français Georges Périno put réclamer la paternité du premier sacre, et que l'Anglais Ernest Smith fut à la base des deux suivants, c'est un autre citoyen de Sa Gracieuse Majesté qui se sera taillé la part du lion, avec cinq titres: Bill Gormlie, qui entama la série en 1950-51 avant de décrocher une dernière fois les lauriers suprêmes en 1958-59.

Un autre meneur d'hommes allait faire encore mieux que lui: le Corse Pierre Sinibaldi qui réalisé une authentique passe de cinq entre 1964 et 68. Au cours des années septante et quatre-vingts, les Sportingmen étendirent leur hégémonie au Vieux Continent, comme en témoignent leurs succès en Coupe des Coupes, contre West Ham d'abord (1976) puis l'Austria de Vienne (1978), ainsi que leur bouquet final, en Coupe de l'UEFA, face à Benfica (1983). Nonobstant deux victoires en Supercoupe d'Europe, contre le Bayern Munich (1976) et Liverpool (1978), les "mauve et blanc" ne sont malheureusement jamais parvenus à remporter le plus prestigieux des trophées européens: la Coupe (devenue à présent Ligue) des Champions ...